OUT OF REACH. BACK TO SELF_
La nécessité de se retrouver seul avec soi-même
Rester joignable en permanence finit parfois par brouiller ce qui, en nous, attend encore d’être entendu.
Cet article explore la solitude choisie, non comme une fuite, mais comme un espace de retrait pour revenir vers les autres sans s’être entièrement vidé.
Un moment de retrait choisi.
Ce qui nous sature
Nous vivons entourés de voix.
Des signaux du quotidien nous atteignent continuellement.
Nos proches, notre travail et le reste du monde demandent une réponse, une réaction ou, plus simplement, notre attention.
Ressentir une forme de saturation face à ce bruit permanent ne signifie pas que nous aimons moins les autres. Mais il arrive, après avoir passé tant de temps à répondre à ces sollicitations, que nous ne sachions plus très bien ce qui, en nous, attend encore d’être entendu.
Il devient alors difficile de rester joignable sans perdre la connexion avec soi-même.
Il faut parfois savoir tout interrompre.
Se recentrer
Il n’existe pas de façon parfaite de se retrouver avec soi-même.
Certains ont simplement besoin de lire dans leur canapé, de jouer à un jeu vidéo ou de prendre un thé sur la terrasse. Ne rien avoir à accomplir. Ne rien avoir à montrer.
D’autres ont besoin de mouvement. Courir près de chez soi, marcher en forêt, gravir une montagne, se dépasser physiquement.
Le corps avance pendant que les pensées cessent peu à peu de se bousculer.

D’autres encore cherchent un horizon. Une plage déserte, une route sur laquelle conduire en chantant trop fort, un coucher de soleil devant lequel on s’abandonne.
Parfois, il faut partir plus loin. Voyager seul, traverser une ville étrangère et redevenir, pendant quelques heures, quelqu’un que personne ne connaît encore.
L’activité importe moins que ce qu’elle suspend : être disponible, être joignable, être constamment tourné vers l’extérieur.
Il y a cependant une condition : ne pas transformer cette solitude en une nouvelle performance.
Le livre n’a pas besoin d’être terminé.
La course enregistrée.
La randonnée publiée.
Le voyage rentabilisé.
Sinon, le bruit nous aura suivis jusque-là, et cette solitude recherchée n’aura jamais vraiment commencé.

Le retour
Mais la solitude choisie ne résout pas tout.
Nous avons besoin des autres. De leur présence, de leurs mots et de leur affection.
Trouver un équilibre juste reste essentiel.
Prendre de la distance, c’est parfois éviter de revenir vers les autres après s’être entièrement épuisé à rester disponible.
La plus belle raison de se retrouver seul n’est pas d’apprendre à vivre sans personne.
C’est de s’assurer que, lorsque nous reviendrons vers ce qui compte vraiment, il restera encore quelqu’un en nous pour le rencontrer.
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